Numérique

“Aujourd’hui je gagne, demain je perds,
c’est la vie.”

Ils s’appellent Lucie, Awa, Arame, Ndeye, Mamadou Hann, Mamadou Diallo, Babacar, Mame Seymou, Mathieu, Oumar, et ils ont participé à une séance photo pas comme les autres : 10 photos et un casting unique : 10 « entrepreneurs » de la rue devenus, le temps d’un shooting, acteurs d’un jour.
Une première au Sénégal pour illustrer le Rapport Annuel Intégré 2018 du Groupe Sonatel qui souhaitait mettre en valeur « l’humain » à travers des métiers du quotidien que nous croisons tous les jours sur notre route.

Une expérience étonnante pour nos « héros » qui découvraient un nouvel univers : « je pensais que c’était juste 2 ou 3 photos. C’est une nouvelle expérience et un peu de stress. J’espère que ça va bien se passer. » appréhendait Lucie Manga, 35 ans, mais importante à leurs yeux : « ce projet fait partie des choses qui font avancer le pays. » Mamadou Diallo, 22 ans.

Ils se sont tous glissés avec succès dans leur rôle, tout en nous parlant de leur quotidien : travail, santé, environnement, famille, avenir, espoir, etc.

Leurs journées, ce sont d’abord et avant tout de longues heures de travail difficiles, notamment à cause de la pollution : « J’ai la gorge irritée, je ne dors pas la nuit. J’ai l’impression de me transformer en poussière, il y en a beaucoup trop » explique Arame Ndiaye, 28 ans ou Ndeye Seck, 25 ans : « Je suis vendeuse ambulante, je ne m’assieds jamais. Je circule entre les voitures. Dès que je vois le moindre embouteillage, je fonce. Je fais ça jusqu’à 20h (…) Je respire tellement de fumée dans les embouteillages que ça m’épuise ». Mais pour Mamadou Diallo, vendeur de café, c’est la normalité : « La poussière m’a beaucoup fatigué, je suis souvent enrhumé mais c’est le café le plus important… Je me lève à 5h et travaille jusqu’à 20/21h. Si tu veux gagner quelque chose, il faut te bouger ! »

Une volonté et une évidente envie de réussir pour eux-mêmes et pour leurs familles, Oumar Gueye, 30 ans : « Je suis tailleur, j’ai bien appris et aujourd’hui, j’ai mon propre atelier. J’embauche des jeunes que je forme au métier de tailleur (…) car apprendre un métier, c’est très noble, cela te permet de gérer ta famille. Moi j’ai une femme et un enfant, je suis l’aîné de la famille, je peux l’assumer au quotidien. Je pense que j’ai bien réussi. »

Les enfants et l’éducation, 2 sujets incontournables dans leurs discours. Mamadou Hann, 30 ans : « J’ai 2 enfants, en 5ème et 6ème, je veux qu’ils réussissent… J’ai beaucoup d’espoir en eux. » ou Mame Seymou Sène, 53 ans : « j’ai 6 gosses à nourrir et ils n’ont aucun problème. Tout ce que je gagne, je le partage avec eux ! ». Une équation impossible pour Awa : « J’ai 6 enfants. Depuis le décès de leur père, ils ont arrêté l’école car je n’ai plus de soutien. »
Pourtant, l’école est au cœur de leur vie. Et même s’ils ne l’ont pas toujours fréquentée, bien souvent malgré eux, comme Mamadou : « J’ai été obligé d’arrêter l’école pour gagner ma vie » ou Ndeye : « Je n’ai pas étudié très longtemps. Un jour un mur (…) s’est écroulé sur moi. On a dû me soigner et après, je ne suis pas retournée à l’école… » ils ont un avis bien tranché sur le sujet : « C’est difficile d’apprendre un métier à des enfants trop jeunes, il manque de maturité, il faut les « conscientiser » , les pousser à étudier le plus longtemps possible… plus tard, je n’aimerai pas que mon enfant suive le même chemin que moi. Je le pousserai à continuer ses études… » Oumar, « si j’ai un enfant, je veux pouvoir l’assumer financièrement jusqu’à la fin de ses études. C’est une vraie obsession. » Mamadou Diallo.

Et toujours le même message : « Un conseil pour les enfants : il faut aller à l’école, il ne faut pas laisser tomber. Moi j’ai arrêté et je le regrette vraiment », Mamadou Hann.

Éducation, enfants, travail, environnement…

Et quand on leur demande : « À quoi rêve-t’on pendant ses journées passées à travailler au bord de la route ? » Les réponses sont aussi évidentes que parfois surprenantes. Pour Awa, « avoir une longue vie et voir grandir mes enfants ; qu’ils aient un bon travail pour gérer leur vie ». Babacar Ndoye, 25 ans, « j’espère bien me marier avant la fin de l’année (2019 ndlr) (…) faire de l’agriculture et être un grand éleveur de poulets et pigeons, c’est ma passion. » Arame, elle, « rêve d’ouvrir une boutique et d’y vendre des accessoires, parfums, produits de beauté, sacs, etc. » quand Oumar, lui, voit grand : « Pouvoir récupérer les enfants qui trainent dans la rue et leur apprendre mon métier, c’est mon plus grand souhait. Chacun doit pouvoir ou savoir faire quelque chose. C’est le plus important. Nous sommes tous des facteurs de développement. »

Intelligentes, touchantes, drôles, n’attendez plus pour découvrir en vidéo l’intégralité des interviews de nos 10 « entrepreneurs de la rue » à la fin de cet article.

Le mot de la fin et un beau message par le doyen de nos comédiens d’un jour, Mame Seymou Sène : « Il ne faut jamais se décourager dans la vie, rien n’est impossible. Il faut se battre pour avoir quelque chose. Tendre la main, c’est pas une bonne chose, il faut suer pour gagner »

Merci Lucie, Awa, Arame, Ndeye, Mamadou Hann, Mamadou Diallo, Babacar, Mame Seymou, Mathieu et Oumar pour votre disponibilité, votre générosité et votre gentillesse.

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