Environnement

“la bataille pour la justice climatique en Afrique, c’est l’affaire de tous les citoyens et pas seulement des écologistes.” Mariama Tall

Êtres à la hauteur.

Elisabeth Djiba, Eva Touré, Mamy Tall, Mariama Diallo, Karim Ndoye, Augustin Diatta et Oumar Ba sont, chacun à leur façon, protecteurs de la nature au Sénégal.

Une nature à laquelle le Groupe Sonatel a voulu rendre hommage dans son Rapport Annuel Intégré 2019 en « shootant » ces 7 activistes dans différents lieux mettant en valeur la richesse des paysages du Sénégal, de la mangrove casamançaise à Dakar en passant par le Sine Saloum ou notre littoral.

« Je suis engagé depuis ma naissance, je suis né ici (ndlr en Casamance), la nature nous a tout donné : si tu es malade, la nature te soigne, si tu as faim, la nature te donne à manger, si tu as soif, la nature te donne à boire. » Si comme Augustin, fondateur de l’Ecopark, une forêt protégée entre mer et mangrove, certains de nos « modèles » vivent en harmonie avec la nature depuis leur enfance, d’autres découvrent leur vocation plus tard, comme Eva qui est

« engagée depuis 2017 dans des actions de reboisement, de sensibilisation et participe à des opérations de gestion durable et vertueuse des déchets au Sénégal. »

Et de l’engagement, ils en ont tous. Sur le terrain comme sur Internet, relais naturel pour toucher plus de monde : « au début, c’était virtuel, pas d’action terrain, je prenais des images et faisait des reportages photos pour sensibiliser et choquer mes concitoyens sur Internet avec notamment ma page « SOS Rufisque » sur Instagram (…) depuis l’an dernier, je mène des actions de nettoyage sur le terrain, set setal comme on dit ici » nous précise Karim, « citoyen sénégalais »

 

 La nature sénégalaise en danger ?

« Le Sénégal est un pays sale, il faut oser le dire. C’est un frein au développement, ça impacte notre cadre de vie, notre santé et le tourisme » poursuit Karim. « Il n’y a pas assez d’arbres au Sénégal, on coupe et le désert avance. La forêt est très menacée par l’avancée de la mer, les hôtels et la disparition des rizières » continue Augustin. « Au niveau du littoral, on note une baisse de la nappe phréatique, l’érosion, la salinisation des terres et l’extinction progressive des espèces animales à cause du réchauffement climatique » enchaîne Eva. Même son de cloche pour Mariama qui ajoute : « aujourd’hui, c’est comme si les arbres gênent en ville quand on veut construire. Il y a une bétonisation extraordinaire. »

Si le réchauffement climatique et le déboisement sont cités, les problématiques sont nombreuses pour notre pays : plastique, gestion des déchets, etc. et tous nos militants sont d’accord : « il y a trop de déchets plastiques. Au Sénégal, c’est une catastrophe. On doit éliminer les sacs plastiques dans les boutiques ; Les gens ne comprennent pas pourquoi on ne peut pas jeter les poubelles partout » raconte Augustin. « Les plastiques ? Ils s’accrochent dans la mangrove et après, nous n’aurons plus d’huîtres et de poissons alors que 95% des Sénégalais mangent du poisson. Comment on peut manger du poisson et ne pas respecter là où on le prend ? » s’interroge Elisabeth. « Un pêcheur m’expliquait que maintenant, il est obligé d’aller en haute mer pour trouver du poisson et qu’ils sont confrontés au problème de plastique dans la mer » ajoute Karim. Mais comme le dit Eva, tout est lié : « il ne faut pas salir ses murs pour éviter l’augmentation des déchets qui, après, doivent être gérés, ce qui utilise de l’énergie qui aujourd’hui n’est pas propre… » Pour Karim, c’est aussi un problème de mentalité, il y a un « manque de prise de conscience, d’engagement des populations ; on nettoie, on fait des efforts et 2 jours après, c’est comme si tu n’avais rien fait, les gens s’en foutent un peu, ils n’ont pas conscience du drame que représente l’insalubrité ». Alors peut-on changer les choses ?

 Reprendre en main notre environnement !

Pour Karim, il y a « aussi espoir qu’avec le temps, les choses vont changer car on voit de plus en plus d’initiatives. Quelque chose est en train de se passer. » Un message d’espoir reprit par Mariama : « aujourd’hui, il y a une prise de conscience de plus en plus importante des jeunes au Sénégal. Quand vous descendez sur le terrain, l’engagement est réel, pas seulement verbal, ce qui permet de faire bouger les lignes (…) c’est indispensable quand on observe les dégâts environnementaux, seul l’action peut nous sauver. »

Les jeunes en première ligne dans le changement des mentalités sénégalaises ? Une évidence pour nos 7 militants qui agissent en ce sens à travers de nombreuses initiatives qui ne demandent qu’à être soutenues, comme le Camp Climat Sénégal de Mariama : « Il faut agir sur les jeunes, frange la plus importante de la population. L’apprentissage par l’action les pousse vers l’engagement. Depuis 2017, nous avons initié le Camp Climat Sénégal où on sensibilise mais aussi on renforce leurs compétences pour qu’ils puissent agir demain. On les confronte aussi à la réalité du terrain. On les amène dans le Delta du Saloum et quand ils constatent qu’à cause des changements climatiques, les populations n’ont plus accès à l’eau et aux terres fertiles, ça les touche, ça les choque et ça provoque de l’engagement». « Lors des opérations, mes plus grands soutiens sont les femmes et les enfants. Ils sont là tous les jours balai et râteau à la main. Ils nettoient toute la journée et ça, ça suscite de l’espoir. Aujourd’hui, il faut miser sur l’ éducation et la sensibilisation des enfants », dit Karim.

Même objectif pour Augustin qui a comme but de « sensibiliser les plus jeunes à travers une association qui protège l’environnement, en partenariat avec les écoles primaires, les lycées et l’Université de Ziguinchor. » c’est sa plus grande joie : « voir les nombreuses écoles venir à l’Ecopark 2 ou 3 jours et faire des cours, voir l’environnement… » Des enfants qui transmettront leurs apprentissages éco-responsables pour Mariama : « Il faut agir au niveau de l’enfance, la génération de demain (…) pour inculquer très tôt les comportements responsables qu’ils peuvent même dupliquer chez eux. On a des enfants qui plantent des arbres chez eux, s’en occupent et incitent leurs parents à s’intéresser à ces questions. »

 Que faut-il changer pour protéger la nature sénégalaise et notre Terre ?

Pour Augustin : « Il est temps que tout le monde se mette en tête que le désert n’est pas loin (…) Tous ensemble agissons pour la protection de l’environnement, reboiser, lutter contre déchets plastiques, sensibiliser…» Elisabeth ajoute : « Il faut changer le comportement psychologique, que tout le monde est conscience de l’environnement (…) que chacun prenne conscience de ses déchets et plastique qui mettent des années à se décomposer (…) les arbres vivent comme nous. C’est Dieu qui t’a donné (…) L’homme a la responsabilité de l’environnement. » Même attente chez Eva : « les Sénégalais de tous bords peuvent agir de façon individuelle et collective » mais elle précise aussi

« qu’il faut investir dans la recherche et les technologies pour trouver des alternatives pour lutter contre le réchauffement climatique. » Mariama, quant à elle, nous liste quelques actions de tous les jours pour limiter le réchauffement climatique : « Il y a des gestes à faire au quotidien comme soutenir les agriculteurs locaux et bio, favoriser les transports en commun plutôt que la voiture individuelle, être attentif à la gestion de déchets, ne pas les jeter dans la rue et enfin ne pas couper les arbres ».

Vous l’aurez compris, notre nature est en danger mais il ne tient qu’à nous, Sénégalais, d’agir pour inverser la tendance et retrouver un pays propre. Notre avenir en dépend et nous pouvons compter sur nos «champions » de l’environnement comme Karim « on ne lâche rien » ou Elisabeth a qui nous donnons le mot de la fin : « je ne peux pas vivre là où il n’y a pas d’arbres (…) on est prêts, moi je vais reboiser jusqu’à mourir. »

Leur engagement nous inspire, avec nous, engagez vous !

#humaninnature

 

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